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Réflexion sociétale sur la femme noire

       Pour comprendre ce que vit la femme noire il faut avant tout savoir passer outre son ethnocentrisme et prendre du recul vis à vis de soi, car ce que vit la femme noire est si spécifique qu’il en est impossible de percevoir les points importants sans avoir une certaine prédisposition à écouter et à comprendre certaines choses. Pour certains c’est de la victimisation, pour d’autres c’est de l’exagération. Ces types de discours sont le plus souvent tenus par des personnes non concerné.e.s par ce que vit la femme noire, et c’est là le vrai problème. Ces termes sont utilisés pour masquer et rendre invisible une oppression qui ne nous concerne pas, simplement parce que ça reviendrait à remettre en question notre manière de nous comporter qui ne nous semblait pas problématique. La prise de conscience n’est pas la même et ne se fait pas aussi rapidement chez tout le monde. La déconstruction se fait plus facilement chez certaines personnes, et ce, grâce à leur sensibilité ou à leur expérience sociale. En effet, la femme noire est enfermée dans des stéréotypes et des injonctions sociétales racistes. Ce sont des mots simples mais pas évidents à entendre pour tout le monde car c’est quelque chose qu’on oublie souvent. On oublie que la femme noire est un être humain comme nous tous et que de part son humanité elle a aussi ses faiblesses, ses craintes, ses peurs.

« FEMME NOIRE COLÉRIQUE »

          Cookie Lyon interprétée par Taraji P. Henson – Empire 

      On la range systématiquement dans la case de angry black woman ou de femme forte. Cette femme, grande gueule, indépendante, qui gère sa vie et la vie des autres d’une main de fer, et qui ne faiblit jamais.

C’est un préjugé ancré dans toutes les communautés, notamment alimenté par beaucoup d’hommes, et plus particulièrement les hommes noirs. Ces derniers la rejettent car leurs complexes prennent le dessus sur leur décence, leur font oublier que ces femmes sont aussi leur mère, sœur, cousine, nièce, grand-mère et enlève à la femme noire la possibilité d’être un être fragile et sensible. On notera un renvoi flagrant aux caractéristiques physiques et à cette fascination, raciste, attribuée à la puissance du corps noir. Cette image revient aussi quand elle décide de dénoncer son mal être car, si comme tout être humain elle craque, la femme noire ne peut malheureusement pas verbaliser son mal être, sa souffrance. Elle n’en n’a pas le droit. Elle en est privée, d’abord au sein de sa propre famille et plus largement au sein de sa propre communauté. C’est un sacrifice qu’on lui impose dès le plus jeune âge, « Sois forte et tais toi ! », injonction clichée qui peut avoir des effets dévastateurs sur le psyché, à court et long terme. C’est ce qu’on lui enseigne, rabâche, assène. Elle intériorise :  » Sois courageuse ! Tu es forte !  »  ; « Ce n’est rien, tu es forte ». Les autres femmes peuvent, elles, être perçues comme fragiles, douces et ce de manière parfois outrancière, et de ce fait, non seulement être dignes de sympathie mais aussi d’empathie. C’est parce que les autres femmes, non noires, peuvent être vulnérables, que la femme noire ne peut qu’être force, colère et courage.

« SOIS FORTE »

Annalise Keating interprétée par Viola Davis – How to get away with murder 

       Aujourd’hui en voyant la représentation des femmes noires à la télé, telles que Olivia Pope, Cookie Lyon, ou encore Annalise Keating, on peut voir qu’être forte devrait être accueilli comme symbole de réussite personnelle et professionnelle suprême.

Le véritable problème est que cela ne fait que renforcer l’idée dangereuse que la femme noire ne peut jamais être triste, perdue, sans réponses, qu’elle ne peut que rarement et sporadiquement être tout simplement humaine. Aussi, le choix des femmes noires dans les relations amoureuses est souvent caractérisé par la recherche d’un manque que les hommes sont incapables de satisfaire eux même. En effet, bien souvent lorsque la femme noire est choisie, inconsciemment ou non, c’est pour sa force, son aptitude à tenir un foyer ou à assurer un travail émotionnel constant dans une structure familiale. Elle peut être privée de sa capacité à exprimer ses émotions, car elle est admirée par toutes les communautés, dont la sienne, comme étant un roc. Elle devrait ainsi s’en contenter. Par conséquent, si par un heureux hasard, quelqu’un la trouve digne d’être aimée, pleinement, entièrement pour ce qu’elle est, malgré son inébranlable force, alors elle devrait s’en réjouir.

Qu’un partenaire recherche la force chez l’autre est, à mon sens, sain mais que la femme noire ne soit recherchée que pour assouvir cet impératif est problématique et met en danger la santé mentale et émotionnelle de la femme noire. Dans la plupart des relations de couple, la femme noire est souvent celle qui soutient son conjoint émotionnellement et professionnellement. Comme beaucoup de femmes, elle met sa carrière entre parenthèse, voire la sacrifie, au profit de l’éducation des enfants et du maintien d’un foyer harmonieux. En retour, elle reçoit, souvent de son propre partenaire en plus de la société, mépris et humiliation, et dans le pire des cas, violences physiques. L’injonction de la force revient encore lorsqu’à travers toutes ces épreuves elle doit, encore une fois, ne pas montrer sa souffrance et agir avec dignité.

 

Source :

« Réflexion sociétale. La femme noire : entre être fort et mystifié »  par Edith Solitude – @PlumesNoiresFR

Rayane ALI COMBO est un jeune mahorais de 19 ans vivant sur Nantes passionné par l’histoire de l’Afrique et de la diaspora noire dans sont ensemble.
Une figure féministe qui l’inspire beaucoup serait Rokhaya Diallo une activiste très engagée dans la lutte contre le racisme et les discriminations.
Les œuvres qui aujourd’hui l’inspirent le plus, ce sont les ouvrages des figures emblématiques du panafricanisme comme Frantz Fanon ou Cheikh Anta Diop. Tous leurs écrits l’inspirent de par leur profondeur et la qualité des enseignements qu’ils nous donnent.

Rayane ALI COMBO est un jeune mahorais de 19 ans vivant sur Nantes passionné par l’histoire de l’Afrique et de la diaspora noire dans sont ensemble.
Une figure féministe qui l’inspire beaucoup serait Rokhaya Diallo une activiste très engagée dans la lutte contre le racisme et les discriminations.
Les œuvres qui aujourd'hui l’inspirent le plus, ce sont les ouvrages des figures emblématiques du panafricanisme comme Frantz Fanon ou Cheikh Anta Diop. Tous leurs écrits l’inspirent de par leur profondeur et la qualité des enseignements qu’ils nous donnent.